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02 Fév 22

Les distributeurs vont-ils reprendre la main sur la billetterie ?

minutes de lecture 

Il y a quelques jours arrivait dans ma mailbox la newsletter d’une startup active dans le monde de la blockchain, FilmChain. Elle y faisait son bilan 2021, et parlait de l’un de ses clients, qui se révèle être un distributeur belge.

FilmChain, cas d'école de l'usage de la blockchain au cinéma

Que fait FilmChain ? Elle s’occupe d’automatiser la gestion des remontées de droits sur les films. Dans le monde de la distribution et de la production, la gestion des droits est assez lourde. µ

Sur le papier, le principe est assez simple. Lorsqu’il distribue un film, le distributeur reçoit l’argent des ventes de tickets, moins la part de l’exploitant. De cette part, il retire ses propres frais, puis envoie un pourcentage de ses recettes au producteur, ou au vendeur international. Celui-ci fait ensuite de même: il redistribue ses recettes mondiales, moins ses dépenses, aux différents investisseurs de son film.

Dans la pratique, cependant, tout ce processus demande énormément d’administration, de validation des dépenses, d’audit sur les recettes.

Ajoutez à cela les recettes venant de sources de revenus secondaires : plateformes de streaming, VOD, ventes aux télés, etc. Où, souvent, d’autres pourcentages s’appliquent. Et cela devient un vrai labyrinthe comptable.

FilmChain propose d’englober tout cela dans des smart contracts, des contrats automatisés. Ce qui rend la procédure à la fois beaucoup plus simple, transparente grâce à la technologie de la blockchain où toutes les transactions sont à tout moment consultables, et, ce qui est moins évident, sûre. Il y a encore beaucoup de hacks et de détournements de fonds (virtuels) dans cet univers, mais les protocoles s’améliorent de jour en jour.

Ce que fait FilmChain est finalement l’usage le plus évident de la blockchain. Après tout, sa proposition principale est là: transférer facilement de la valeur via le web, de manière transparente et sécurisée, sans intermédiaire. Mais cela m’a fait repenser à un article, qui date un peu, où je parlais d’un problème, purement de marketing pour le coup, du monde du cinéma : la billetterie.

Les NFT et le dilemme des distributeurs

Les distributeurs de films fournissent tous les efforts de promotion, y compris par de la publicité digitale. Mais ils ne maîtrisent pas la dernière étape du processus commercial, la plus cruciale: la transaction. Puisque ce sont des entités séparées, les exploitants de cinémas, qui les enregistrent. Et les distributeurs n’ont aucune possibilité de savoir si l’argent de leur promotion est bien utilisé ou pas.

Certes, le cinéma n’est pas la seule industrie qui connaît des problèmes d’intégration du point de vente dans la boucle marketing. Mais le problème est la courte durée de vie d’un film en salles. Le temps d’avoir un reporting précis, il y a des chances que le film ait déjà disparu de certaines salles et il n’y a plus moyen de revoir sa stratégie de marketing.

Evidemment, on peut comprendre la réticence des salles à laisser les distributeurs “fouiner” dans leurs affaires, à aller voir de plus près les ventes d’untel ou d’un autre.

Mais la blockchain pourrait offrir une solution là aussi, via les NFT.

Qu’est-ce qu’un NFT ? C’est un contrat qui authentifie qu’un objet numérique est unique, et authentique. Comme tel, il peut être échangé sur la blockchain.

Et, d’un point de vue purement commercial, que fait une salle de cinéma ? Elle met à disposition, toutes les 2-3 heures, un nombre déterminé de sièges pour y visionner un film en particulier.

Et donc, chaque ticket, de chaque séance peut aisément être un NFT. Mettons que chaque cinéma, plutôt que de gérer seule sa billetterie, la mette sur la blockchain. Pour chaque vente, un NFT est édité (minté) qui correspond à une place pour une séance particulière: le ticket.

Se crée ainsi un “pot commun”, vers qui chacun (le distributeur, l’exploitant, d’éventuels partenaires commerciaux) peut rediriger. Chacun y reçoit automatiquement sa part. Et peut du même coup être comptable de ses efforts de promotion.

Une solution pour les unir tous

Reste la question des grands multiplexes, parfois côtés en bourse, pour qui les ventes de tickets sont une donnée sensible. Là aussi, la blockchain est une solution. La confidentialité du système est garantie: ce sont des “portefeuilles” numériques qui effectuent les transactions, sans aucune information sur son porteur personne ou société.

La beauté du système c’est donc qu’il peut convenir autant aux cinémas indépendants, qui pourront mieux coordonner leurs efforts marketing avec les distributeurs, que pour les grosses structures pour qui, depuis longtemps déjà, la salle est le produit d’appel, et qui verront leurs frais de gestion réduits.

Bien sûr, il est clair qu’il y a encore pas mal d’obstacles, de réticences à combattre, de problèmes légaux et commerciaux à aborder avant d’en arriver là. D’autant qu’il n’y a toujours aucune législation autour de la technologie blockchain.

Mais ce qui est sûr aussi, c’est que cette technologie ouvre une multitude de portes. Et celle des tickets sous forme de NFT est, à mon sens, l’une des plus prometteuses à court terme pour notre industrie.


Tags

billetterie, blockchain, NFT


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